Archiv
10. Oktober 2011

Les tropiques, version burger frites

Un voyage découverte entre palmiers, plages infinies, fusées, bâtiments des années 1930 et gratte-ciel en Floride, l’Etat le plus au sud des Etats-Unis.

Une rue de Miami Beach
Miami Beach compte la plus grande concentration de bâtiments Art déco au monde. (Photo: Getty images)

«Choisissez celle que vous voulez», nous indique l’employé du loueur de voitures à l’aéroport. American way of life oblige, notre choix se porte sur une grosse Mercury Grand Marquis automatique blanche. Le genre banquette à trois en cuir, autoradio et mug de café dans le porte-gobelet. Nous roulons crânement les premiers kilomètres coude dehors, mais la chaleur humide nous tombe dessus. Vive la climatisation. Très vite, la ligne de gratte-ciel de Miami s’impose majestueusement. Et première surprise, elle n’est pas si grande que cela. Un pont de 5 kilomètres nous emmène à Miami Beach. Car c’est là que tout se passe. Par exemple à Ocean Drive, qui compte la plus grande concentration de bâtiments Art déco au monde. Hôtels, bars, restaurants côtoient palmiers et plages, dans un quartier qui ne dort jamais.

Une nuit teintée de néons. (Photo: Getty Images/Paul Chesley)
Une nuit teintée de néons. (Photo: Getty Images/Paul Chesley)

«La ville souhaite devenir le Monte- Carlo des Etats-Unis, indique Karin Andersen, une Suissesse qui y réside depuis une quinzaine d’années. Un casino est en projet. Quand je suis arrivée, j’avais l’impression qu’il n’y avait que des retraités, mais les offres culturelle, sportive et immobilière se sont beaucoup développées. » Sur les petites îles alentour de Biscane Bay, des villas presque indécentes ont été bâties. On les aperçoit en passant au large à bord d’un bateau plein de touristes, pendant que la guide énumère les noms de leurs propriétaires: Julio Iglesias, Gloria Estefan, Silvester Stallone, Tom Cruise et, autrefois, Elizabeth Taylor.

Les fusées de la Nasa et le château de Disney World
Nous quittons Miami pour le nord, musique country à fond, sur les highways à trois, quatre ou cinq voies. Sur une portion peu accessible de l’île Cap Canaveral, la Nasa a construit le centre spatial Kennedy, installé la rampe de lancement des fusées et deux pistes d’atterrissage pour les navettes. Le public peut les approcher en bus. Des gradins ont été installés à quelques centaines de mètres de la rampe, en prévision du lancement prochain d’une fusée auquel le public pourra assister (140 dollars – entrée au musée comprise). L’histoire de la conquête spatiale y est retracée avec de la musique de films en fond sonore, ici une capsule, là un cinéma en 3D, plus loin un morceau de lune que le public a le droit de toucher...

A une bonne heure de route direction l’ouest, la ville d’Orlando accueille une vingtaine de parcs d’attractions. Le plus célèbre reste évidemment Disney World et son château majestueux. Mais l’entreprise a décliné ses activités en six parcs à thèmes: films, animaux, monde aquatique... Les hôtels alentour jouent la même carte, comme le Swan & Dolphin, deux bâtiments sur lesquels les statues en béton de cygne et de dauphin avoisinent la taille d’une maison. Des navettes relient lieux de repos et lieux d’action.

Nous quittons avec un certain soulagement l’agitation et le kitsch de la région pour nous reposer sur les splendides plages de la côte ouest, dans le golfe du Mexique. Leurs noms font rêver: Clearwater, Venice, Sanibel, Captiva Island... Immenses, quasi désertes (si on les évite l’après-midi), au sable d’une blancheur incroyable et parsemées de grands coquillages. Les habitants se lèvent souvent aux aurores et viennent, un sac à la main, ramasser les plus beaux spécimens. L’eau flirte avec les 30 degrés.

La grande amitié entre Thomas Edison et Henry Ford

En haut: le centre Kennedy de la Nasa à Cap Canaveral.

C’est là, à Fort Myers, que Thomas Edison a acquis sa propriété d’hiver en 1885. Pour plus de confort, il a installé un réseau de téléphone entre sa maison, le hangar de son bateau et la cabane du jardin, et un interphone dans sa chambre. D’autres curiosités sont exposées, comme le «siphonator» (sa machine à café), un toaster et une poupée parlante créée en 1888 pour sa fille. En 1916, un nouveau voisin s’installe: Henry Ford, le constructeur automobile. Rapidement, les deux (qui avaient travaillé ensemble quelques années auparavant) deviennent bons amis, partent en camping avec leurs épouses respectives et échangent les résultats de leurs recherches.

Orlando compte une vingtaine de parcs d’attractions, dont le nouveau Aquatica.

On the road again, nous traversons le parc des Everglades. Avec un peu de chance, le visiteur peut y apercevoir des crocodiles dont la population est très importante dans le parc national. Ce n’est pas notre cas, mais au village indien de Miccosukee, l’histoire de la réserve au statut longtemps indépendant, et celle de la chasse au reptile valent un arrêt.

les visiteurs des Everglades. (Photo: Istockimages)
Avec un peu de chance, les visiteurs des Everglades peuvent apercevoir des crocodiles. (Photo: Istockimages)

Enfin, après près de 1300 kilomètres parcourus, nous arrivons au point le plus au sud des Etats-Unis, indiqué par une borne à Key West, à moins de nonante miles de Cuba. Juste à côté: une base militaire. Plus loin dans la même rue habitait Ernest Hemingway, sa deuxième épouse et leurs soixante chats dont les descendants occupent encore tout l’espace. Les eaux de l’archipel des Keys sont d’un bleu clair transparent. L’on s’y installe volontiers avec sa chaise longue et son parasol, heureux d’arriver au bout du voyage. A moins que l’on préfère explorer les splendides coraux, équipé de masque et tuba.

Et comment est la vie en Floride?

Didier Nussbaumer
Didier Nussbaumer, Genevois de 32 ans, vit au nord de Miami, dans un quartier résidentiel construit en plein désert

Didier Nussbaumer, Genevois de 32 ans, vit au nord de Miami, dans un quartier résidentiel construit en plein désert. «Je suis arrivé à 14 ans en Floride, pour apprendre l’anglais pendant une année. Cela m’a plu, je suis resté, surtout pour la météo et le golf (j’ai d’ailleurs hésité à passer pro, avec mon handicap de 4). J’ai fréquenté la Highschool puis l’université. Je travaille actuellement comme radiologue. La vie est douce ici, facile, les gens ne sont pas stressés, tout est toujours ouvert, il y a partout des golfs publics bon marché. J’ai fini par tomber amoureux d’une Américaine que j’ai épousée. Nous voulions acheter une maison, juste au moment où ils construisaient de nouveaux quartiers résidentiels, à vingt minutes de la ville de Boyton Beach. Le prix était raisonnable, il y a des enfants autour, on est en sécurité. Mais les quartiers se construisent trop vite et les infrastructures ne suivent pas (écoles, commerces). Avec la crise, plusieurs voisins ont dû vendre leur maison. Si elle continue, nous pensons venir en Suisse quelques années, ce serait bien aussi pour notre fils de 2 ans. Je lis régulièrement les journaux romands et la NZZ et participe aux élections. Avec ma famille, nous nous appelons très souvent, par Skype. Mes parents ont une maison pas très loin d’ici et viennent y passer l’hiver. La chose qui me manque le plus? Pratiquer le ski! Je vais parfois dans le Colorado ou le Massachusetts, mais il faut planifier longtemps à l’avance.»

www.kennedyspacecenter.com

http://disneyworld.disney.go.com

www.edisonfordwinterestates.org

www.miccosukeetours.com

www.hemingwayhome.com

Autor: Mélanie Haab

Fotograf: Mélanie Haab