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13. Juni 2011

L’effet de serre est un mythe

Nos émissions de CO2 dans l’atmosphère ne sont pour rien dans les changements climatiques. Le point de vue de François Meynard, de l’EPFL, fait l’effet d’une bombe. Mais même si ce n’est pas pour empêcher la Terre de trop se réchauffer, il reste vital de revoir notre façon de consommer les énergies, fossiles surtout.

François Meynard
François Meynard sort à la fin de juin un livre au titre provocateur: «Legende de l’effet des serre».

Arrêtons le nucléaire, c’est dangereux. Le pétrole? Ça pollue! Economisons l’énergie, on est en train d’épuiser les ressources de la planète! Cessons d’utiliser la voiture et l’avion, c’est trop d’émissions de CO2 qui réchauffent trop la Terre. Le discours ambiant culpabilise à fond les citoyens en matière d’énergies. Faut-il tout écouter? Tous ces petits gestes d’économie d’énergie permettront-ils vraiment de sauver la planète? Etonnants éléments de réponses avec François Meynard. Ce responsable du programme d’enseignement en sciences humaines et sociales à l’EPFL aborde les incohérences scientifiques de la climatologie dans son livre au titre provocateur: Légende de l’effet de serre (Editions Favre)

Que pensez-vous du catastrophisme ambiant? Sommes-nous vraiment en train de ficher en l’air la planète avec notre mode de vie actuel?

On n’a jamais eu de quoi polluer autant que disent les climatologues, pour la bonne et simple raison qu’on n’a pas assez de réserves de combustibles sur Terre pour ça. Tous les grands plans de sauvetage ou de croissance verte, financés par la taxe sur le CO2, se basent sur des calculs qui surestiment ce qu’on a réellement comme ressources. En plus, le CO2 n’a rien à voir avec les changements de climat!

Comment? Mais on nous bassine sur le danger de réchauffement de la Terre dû à nos rejets de dioxyde de carbone…

Je sais, cette affirmation est une véritable bombe. Mais le modèle de la climatologie dominante, soit le réchauffement de la Terre par émission de CO2 d’origine humaine dans l’atmosphère, est faux. C’est désormais établi physiquement. Il s’agit d’une simple hypothèse qu’il faut abandonner. Mais politiquement, l’affaire est beaucoup plus compliquée. La bombe est bien plus politique que scientifique.

Mais qu’est-ce qui est soudain faux?

L’homme et ses petites activités quotidiennes ne sont donc pas si coupables que ça si le climat change? Ces doutes sur l’effet de serre et le plan de sauvetage planétaire ne remettent ni en question l’existence de changements climatiques ni le besoin de s’en préoccuper. Simplement, l’homme n’en est plus coupable, il en est seulement responsable, ce qui est déjà pas mal. Et ce n’est pas parce qu’on a supprimé une fausse peur qu’on a supprimé tous les problèmes mis sous le chapeau de la climatologie.

Lesquels?

Il faut se libérer des énergies fossiles, non pas à cause du climat, mais du pic pétrolier. Nous sommes devant un défi colossal dans le domaine énergétique. On arrive au bout des réserves naturelles; le gaz, le charbon et l’uranium suivront. La fin des énergies fossiles est une étape historique, simplement parce qu’elle ne se répétera pas. Ce ne sera pas nécessairement une tragédie, mais l’humanité n’a encore jamais connu une transition énergétique sur fond de pénurie d’une ressource absolument clé pour son économie. Et qu’est-ce qu’on a prévu de faire derrière?

Donc les incitations à consommer moins d’énergie ne sont pas du flan?

Bien sûr qu’il faut économiser, on va tous être pris de court. Le monde qui se présente n’est pas drôle. Et le problème n’a pas été pris avec assez de sérieux, sans études très approfondies ni plan d’intégration dans la société. On en est encore au combat idéologique.

Vers quoi se tourner, selon vous?

On va au-devant de lendemains qui déchantent, d’énergie chère. Un des problèmes majeurs est qu’on va se trouver à court d’énergie abondante. Il n’y a pourtant pas encore de grandes options sur la table. Pour ma part, on ne devrait pas se priver de grandes solutions qui pour l’instant fournissent de l’énergie peu chère et abondante comme le nucléaire de dernière génération, si cela se fait.

Votre mix énergétique du futur?

Je m’intéresse à cette question, mais n’en suis pas spécialiste. Pour ma part, je plaide pour une approche ouverte et pragmatique qui irait de la surrégénération nucléaire à la simplicité volontaire, en l’occurrence au kilowattheure économisé.

Et les énergies vertes, là-dedans?

L’éolien ou le solaire ne vont pas pouvoir complètement pallier le manque. Et les énergies alternatives ne sont pas accessibles à toutes les bourses pour l’instant. Il ne faut pas être pauvre pour se les payer. Je me rappelle avoir lu qu’aux Etats-Unis, la part du budget consacrée à l’énergie varie de 5 à 6% chez les gens de la classe moyenne et s’élève à 15 ou 20% chez les plus pauvres. L’énergie chère crée un risque de basculement dans la précarité pour toute une partie de la population.

Que peut, que doit faire le simple citoyen?

Je ne sais pas s’il doit vraiment faire ce qu’on lui dit! Ni croire que tout ira bien et qu’on arrivera à ce que rien ne change avec des panneaux solaires et autres solutions alternatives. Préparons-nous à consommer différemment et à imaginer qu’on aurait du plaisir à le faire. C’est aussi une question d’éducation. Le problème n’est pas tellement d’avoir moins que d’être déprimé parce qu’on ne sait pas quoi faire d’autre que consommer d’une manière ou d’une autre.

Autor: Isabelle Kottelat

Fotograf: Loan Nguyen